Alors qu'un nombre croissant de Français évitent le gluten sans véritable raison médicale, une enquête menée par 60 millions de consommateurs alerte sur les dangers potentiels de ces produits souvent coûteux.
Un marché en pleine expansion
Le marché des produits sans gluten rencontre un succès fulgurant, initialement destiné aux personnes atteintes de la maladie cœliaque (environ 1 % de la population française) ou d'hypersensibilité (environ 3 %). Ce secteur aurait dépassé les 500 millions d'euros à la fin de 2016, avec un nombre de marques multiplié par cinq en seulement cinq ans. Toutefois, le hors-série de 60 millions de consommateurs révèle que ces aliments peuvent, au contraire, nuire à la santé, en raison de leur contenu élevé en additifs et des risques de carences nutritionnelles.
Un excès d'additifs et de matières grasses
Le gluten, mélange de protéines présent dans certaines céréales comme le blé, le seigle et l'orge, permet d'obtenir une texture moelleuse dans des aliments tels que le pain et les gâteaux. Pour imiter ces caractéristiques dans les produits sans gluten, les industriels ajoutent des additifs tels que des épaississants et des émulsifiants. Par exemple, une analyse d'un paquet de gâteaux sans gluten de la marque Gerblé a révélé la présence de dix additifs.
Ces produits affichent souvent des compositions plus pauvres en protéines et en fibres, tout en étant excessivement riches en sucres et en sels afin d'améliorer leur goût. Une étude espagnole mentionnée par le magazine souligne que le pain sans gluten contient deux fois plus de matières grasses que le pain conventionnel, tout en apportant jusqu'à trois fois moins de protéines. Ainsi, le risque de carence alimentaire augmente, renforcé par une teneur en sel qui peut être jusqu'à six fois supérieure dans la version sans gluten.
Un indice glycémique préoccupant
Brigitte Jolivet, présidente de l'Association française des intolérants au gluten, met en garde contre l'indice glycémique élevé de ces produits, qui pourrait être dangereux pour les personnes diabétiques. Elle conclut en affirmant que ces gammes doivent être réservées aux malades, rendant leur consommation par choix personnel véritablement aberrante.







