Ben Raymond ?! Temps de lecture : 3 min.
Parfois, les nouvelles nous surprennent. C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès soudain de Raymond Buren, âgé de 77 ans, aux cliniques universitaires du Mont-Godinne en Belgique. Peu de gens connaissent ses origines congolaises, mais son héritage culinaire est indéniable. Érudit et passionné, Buren a écrit plusieurs ouvrages charmants et intemporels, qui, bien que peu médiatisés, resteront dans les bibliographies des amateurs de gastronomie pendant encore un siècle. Ses titres, tels que Le Cochon, histoire, symbolique et cuisine et L'Art de braiser en plein air, en témoignent.
Un érudit de la gastronomie
Raymond Buren était un connaisseur. Il savait que le tabac de la Semois est parmi les meilleurs au monde et que le maitrank, un vin de mai, est parfumé à l'aspérule odorante. Avec une connaissance approfondie de la gastronomie et de l'histoire, il pouvait évoquer des recettes traditionnelles comme le civet de lièvre à l'ardennaise. Hormis ses talents culinaires, il exerçait également en tant que magistrat, ayant servi dans divers parquets, avant de terminer sa carrière en tant que premier substitut au procureur du roi en 1999.
Chaque dîner, une nouvelle histoire
Souvent, il séjournait à Paris et profitait de ces moments pour partager sa passion autour d'une bonne table. Dans un petit hôtel de la rive gauche, il s'adonnait aux plaisirs de la gastronomie tout en racontant ses plus belles anecdotes. Un souvenir marquant reste sa rencontre avec un jeune homme un peu distrait par son téléphone, lors d'un dîner à L'Avant-Goût. Le serveur avait refusé de servir du Coca, ce qui avait conduit Raymond à engager une conversation touchante avec l'adolescent. Ses récits, toujours captivants et empreints de bonne humeur, faisaient de chaque repas un moment mémorable. La manière dont il dédicaçait ses livres aux admirateurs, partageant sa passion avec ceux qui l'entouraient, prouve à quel point il aimait connecter les gens autour de la gastronomie.







