Utilisé comme substitut au sucre, l'aspartame s'est largement intégré dans des milliers de produits, souvent à l'insu des consommateurs. L'association Foodwatch tire la sonnette d'alarme concernant sa présence généralisée et demande une transparence accrue.
Depuis plusieurs décennies, l'aspartame s'est imposé dans notre alimentation, devenant l'un des édulcorants les plus utilisés. En Europe, il figure dans plus de 6 000 produits, sa douceur étant environ 200 fois supérieure à celle du saccharose. Cette caractéristique a séduit les industriels, leur permettant d'offrir des saveurs sucrées tout en réduisant les calories. Dans un contexte de sensibilisation à la consommation de sucre, cet atout marketing a trouvé un écho favorable.
Sodas, chewing-gums et yaourts : des produits riches en aspartame
Les boissons « zéro sucre » sont emblématiques de cette tendance. Des marques bien connues comme Coca-Cola Zero ou Pepsi Max intègrent systématiquement cet édulcorant. À la surprise de nombreux consommateurs, l’aspartame se cache également dans divers chewing-gums, bonbons sans sucre, yaourts allégés tels que les Yoplait 0 %, ainsi que dans des boissons pour sportifs et même certains médicaments effervescents.
D'après les autorités sanitaires, plus de 600 médicaments en contiendraient, ce qui souligne son omniprésence. Sa révélation dans les années 1960 comme une alternative aux édulcorants plus problématiques a été suivie de controverses qui persistent aujourd'hui. Après avoir été validé aux États-Unis dans les années 1980 et en France en 1988, son utilisation s'est rapidement répandue, notamment grâce au secteur des sodas.
Une vigilance indispensable face aux risques
Depuis le début des années 2000, l'inquiétude autour de l’aspartame a resurgi. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC) l'a classé comme « possiblement cancérogène pour l'humain ». Bien que l'OMS considère que les doses habituellement absorbées ne posent pas de menace majeure, Foodwatch insiste sur l'importance d'appliquer le principe de précaution.
Par ailleurs, l'association observe que ces édulcorants, loin de faciliter le contrôle du poids, pourraient exacerber l'envie de consommer des produits sucrés. Économiquement, les industriels profitent de l'usage de l’aspartame pour réduire les taxes sur le sucre, tout en préservant l'attrait des consommateurs pour le goût sucré. En 2025, sous l'impulsion de Foodwatch, la taxe sur les sodas sera renforcée pour prendre en compte la puissance sucrante des édulcorants comme l’aspartame.
Face à ces enjeux, l'association appelle à une interdiction totale de l’aspartame dans l'alimentation. En attendant, il est crucial pour les consommateurs de lire attentivement les étiquettes, de reconnaître le code E951 et d'être conscients des produits dans lesquels il est présent afin de restreindre leur consommation.







