Avec sa plume incisive, Stéphane Méjanès ausculte les critiques gastronomiques dans un nouvel ouvrage publié aux éditions de l’Épure. De la diva à l’influenceur, tous les archétypes y sont passés à la loupe, offrant une occasion unique de comprendre le métier de critique aujourd'hui.
Depuis le début du XIXe siècle et l'arrivée d'Alexandre Balthazar Grimod de la Reynière, la critique gastronomique a toujours été riche en stéréotypes. "Grimod était un épicurien avéré, un personnage flamboyant qui organisait des banquets pour attirer l'attention", plaisante Stéphane Méjanès. Fort de son parcours à L'Équipe, il s'est tourné vers la gastronomie en 2012. En 2018, il reçoit le prestigieux Prix Amunategui-Curnonsky, suivi de la Plume d'Or en 2019. Son dernier livre, Tailler une plume, croquons le critique gastronomique, présente une fresque satirique des journalistes culinaires rencontrés au fil des ans.
Les coulisses de la critique gastronomique
Quel est le travail d'un critique gastronomique aujourd'hui ?
Avant de se rendre dans un restaurant, le critique se doit de faire des recherches approfondies. La sélection d'établissements se base sur divers éléments tels que les retours de lecteurs ou les communiqués de presse. À leur arrivée, ils doivent arborer un esprit curieux, se détacher de leurs expériences passées et faire preuve d'empathie vis-à-vis d’un secteur en difficulté. "L’aspect festif du repas est tout autant primordial que la dégustation elle-même", souligne-t-il.
Notes et réflexions : la méthode du critique
Comment se fait la prise de notes aujourd'hui ?
La technologie a transformé la prise de notes. Bien que Méjanès privilégie le contact direct avec les chefs, il reconnaît que les smartphones simplifient le processus. "Prendre des photos des plats s'avère essentiel pour stimuler ma mémoire gustative lors de la rédaction de l'article qui sera, idéalement, une œuvre de narration sur le restaurant plutôt qu'une simple critique."
Un bon critique doit-il être impartial ?
Avis inviolables, certaines conditions actuelles font que des critiques sont parfois invités par les restaurants. "Je tiens toujours à clarifier que mon invitation ne garantit pas la publication d'un article. Cela peut créer une vision biaisée du secteur, car certains établissements sont invisibilisés simplement parce qu'ils ne peuvent pas se permettre un service de presse opulent", indique-t-il pour conclure.
Le rôle grandissant des femmes
La scène gastronomique voit une importante montée des femmes, encore longtemps sous-représentées. Des personnalités comme Estérelle Payany et Camille Labro émergent avec des voix fortes mais restent souvent cantonnées à des sujets moins considérés que leurs homologues masculins. Méjanès s'engage à souligner ces talents au sein de son livre, tout en anticipant une reconnaissance croissante de leur travail.
(1) Tailler une plume. Croquons le critique gastronomique, Stéphane Méjanès, collection Mise en appétit, éditions de l'Épure, 112 pages, 12 €.







