À la découverte de la passion culinaire de Naoto Kitamura

À la découverte de la passion culinaire de Naoto Kitamura

Ode pour Naoto

Ode pour Naoto. Temps de lecture 3 min 58 sec.

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe lorsqu'un restaurant est désespérément vide ? La scène est étrange depuis la rue. Quelques tables sont occupées, tandis que les serveurs attendent patiemment. Dès que les derniers clients partent, ils s'activent rapidement pour couper l'électricité et se cacher derrière le bar, espérant échapper à des clients improbables. Le chef, quant à lui, prend son temps. Il reflète calmement sur ses décisions : Faut-il garder ce poisson pour le service suivant ? Comment le préparer ? Que dire au banquier ? Faut-il réduire la qualité des ingrédients ? Travailler seul ? Ces interrogations le hantent jour et nuit.

Hier soir, cette ambiance flottait au restaurant Grannie, dirigé par Naoto Kitamura, situé au 27, rue Pierre Leroux à Paris. À peine deux tables étaient occupées. Un médecin du quartier m'avait alerté quelques jours auparavant, soulignant que Naoto, ancien élève de chefs renommés comme Jean Bardet, propose une cuisine traditionnelle mêlée d'ingrédients innovants. Actuellement, il fait face à la menace d'une expulsion pour des raisons futiles liées à son revenu inférieur au SMIC, alors qu'il contribue activement à l'économie locale.

Ainsi, il n'y a pas de temps à perdre, une réservation fut faite. En arrivant, la simplicité du restaurant nous accueille avec des tableaux au mur, des chaises et des tables rudimentaires. Vous pouvez être sûr que les prix ne reflètent pas un quelconque embourgeoisement. Malgré un menu très succinct, il propose des entrées comme le risotto aux écrevisses et le foie gras, suivies de plats tels que le saumon d'Écosse au vin rouge et le parmentier de jarret de veau. La carte des vins, bien que courte, est soigneusement choisie.

Le service est assuré par une jeune femme enthousiaste, bien que novice. Concernant les plats, ils sont francs et pertinents. Par exemple, une côte de porc au gingembre et un magret de canard à la sauce teriyaki : la présentation est modeste mais esthétiquement plaisante, tout comme les desserts impeccables tels que le sorbet au citron et le mille-feuille aux fraises. L'addition raisonnable (89 euros pour deux) est aussi un clin d'œil à l’authenticité du lieu. En sortant, le chef, accessible et charmant, témoigne de sa passion pour son art. Si vous êtes de passage, réservez une table chez lui. Sa cuisine mérite un soutien urgent, car il investit tout dans ses plats et non dans un décor tapissé de luxe.

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