De nombreux parents, méfiants envers les cantines scolaires, adoptent la lunch box pour leurs enfants. Explorez cette tendance en compagnie de quatre experts.
"La cantine, ce n'est pas bon", sont souvent les mots de nos enfants. Alors qu'ils se plaignent généralement du goût des repas, une enquête de Sandra Franrenet, Le Livre noir des cantines scolaires, révèle un problème plus profond concernant la qualité des produits. La journaliste dénonce la forte présence d'aliments ultra-transformés, riches en sucres, sels et additifs, qui contribuent à des problèmes de santé comme l'obésité infantile et les allergies alimentaires. Face à cette situation, de nombreux parents optent pour la lunch box individuelle, perçue comme une alternative plus saine.
Les produits transformés dans les cantines : une question de coût
La diététicienne Marie-Line Huc souligne que les aliments transformés sont souvent moins coûteux que ceux préparés à partir de produits bruts. Par exemple, un bœuf bourguignon déjà préparé demande moins de gestion en cuisine. Cependant, ce choix pourrait compromettre la qualité nutritionnelle des repas servis.
Soucieux de la qualité des aliments, les parents sont de plus en plus vigilants, notamment grâce à des applications comme Yuka. Cette dernière, qui examine les produits alimentaires, a totalisé 5,5 millions de téléchargements, démontrant un fort intérêt pour une alimentation plus saine.
Lunch box ou cantine ?
Sur 157 élèves déjeunant au self ce midi, 72 ont opté pour une lunch box
L'essor de la lunch box est également lié à des inégalités dans les offres des cantines scolaires, où certaines privilégient les produits bio tandis que d'autres demeurent dans l'ultra-transformé. Le collège privé Notre-Dame à Alençon illustre cette tendance, avec 70% de ses élèves choisissant la lunch box, contre une faible adoption auparavant.
Dans les établissements publics, les parents ne peuvent pas remplacer la cantine par une lunch box, sauf dérogations médicales pour des régimes spécifiques. Cependant, de plus en plus de demandes de PAI (projets d'accueil individualisés) montrent un intérêt croissant pour cette alternative.
Les professionnels s'y opposent
Il est difficile de reproduire l'équilibre de la cantine à la maison
Bien que la tendance à la lunch box prenne de l'ampleur, des professionnels, comme la psychologue Florence Millot, mettent en garde contre les inégalités qui pourraient surgir entre élèves. Les diététiciens soulignent que les menus de cantine sont soigneusement élaborés pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants.
Annick Leroy, chef d'établissement au collège Notre-Dame, a introduit le système de lunch box tout en maintenant l'option cantine pour les familles qui la préfèrent. Elle souligne l'importance de maintenir un équilibre, en offrant aux élèves une alternative lorsque nécessaire.
Sandra Franrenet conclut que privilégier la lunch box pourrait être une régression. Elle appelle à militer pour une meilleure qualité des repas servis dans les cantines, afin de garantir le bien-être de tous les élèves.







