À table ou au restaurant, certaines personnes refusent de partager même une bouchée. D'où vient cette aversion ?
« Je compte le nombre de frites dans chaque assiette avant de servir mon partenaire », avoue Manon avec un sourire embêté. À 26 ans, cette aide-soignante confie qu'elle déteste partager sa nourriture. Si elle se plie à cette exigence par politesse, c'est toujours avec réticence. « Si c'est quelqu'un de proche, je me sens libre de refuser », ajoute-t-elle. Comme Manon, de nombreuses personnes éprouvent une aversion pour le partage. Une enquête commandée par HelloFresh et réalisée par OpinionWay en décembre 2024 révèle que 40 % des Français refusent catégoriquement que leur partenaire pique dans leur assiette. Qu'est-ce qui explique cette aversion ?
La peur du manque
Le fait de manger ne se limite pas simplement à se nourrir. En France, où la gastronomie est reconnue comme patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2010, le partage des repas revêt une importance culturelle. Cette expérience de commensalité est souvent marquée par des émotions et des attentes diverses. L'attachement à son assiette peut symboliser une crainte du manque, une lutte pour préserver son espace personnel et sa sécurité alimentaire. Cette dynamique est souvent exacerbée dans les relations personnelles, où la peur de ne pas assez avoir peut créer des tensions.







